Le manoir du Fitz et la famille Ballicorne

Le manoir du Fitz et la famille Ballicorne

L’histoire des Ballicorne commence ainsi :

Au début du XVII ème siècle, il y avait aux Pays-de-Caux une famille de laboureurs, suffisamment aisée pour envoyer un de ses fils au séminaire et permettre à un autre d’acquérir quelques terres.
Cette famille se nommait Ballicorne.

En 1611, deux frères de la famille Ballicorne, Constant et Pierre (ou Pierre Claude), vinrent s’installer en la paroisse de Saint-Pierre-du-Bosguérard.

Constant, prêtre, fut pourvu de la cure de Saint-Pierre-du-Bosguérard. Jean Ygou, seigneur patron de la paroisse à cette époque, dut sûrement contribuer à cette nomination.

Pierre (I), décida d’y vivre avec sa famille. Il acquit maison, masure et terres au hameau du Fys, (orthographe d’aujourd’hui “Fitz” date du XIX ème siècle, jadis l’orthographe était Fys et à l’origine Fay, du latin pagus, le hêtre), en la paroisse de Saint-Pierre-du-Bosguérard située en Roumois.

En 1635, les deux frères sont décédés.

Le 11 avril 1635, au décès de son père Pierre (I) son fils Pierre Claude hérite et hypothèque des biens.

Vers 1642 (estimation), Pierre Claude est marié et a un fils Pierre (II), et peut-être un second fils Claude.

En 1667, le papier terrier de la baronnie du Hauzey mentionne que Pierre Claude Ballicorne possède, à Saint-Pierre-du-Bosguérard, une maison et masure au hameau du Fys d’une superficie d’une vergée (17 ares 16 centiares). Il possédait également des terres labourables au triage de Grainville.

La date du décès de Pierre Claude est inconnue (avant le gage-plége de 1688).

En 1668, Pierre (II) Ballicorne, en qualité de fermier receveur de la baronnie du Hauzey, demande la tenue du gage-plége de cette seigneurie.

Lors de ce gage-plége, sept immeubles figurent comme appartenant à Pierre (II) Ballicorne ou dépendant de la succession de Pierre Claude Ballicorne : une cour-masure d’une vergée (17 ares 16 centiares) au Fys et diverses terres labourables au triage de Grainville, à l’aînesse au Carbonnier et au triage de La Bétoure (ces terres étaient mentionnées dans le terrier établi en 1667).

En 1669, Pierre (II) est trésorier de la fabrique de la paroisse de Saint-Pierre-du-Bosguérard, il est également receveur de la baronnie du Hauzey.

Avant 1673 (estimation), mariage de Pierre (II) épouse Louise Labouré, ils eurent quatre enfants, dont Pierre (III).

Pierre (II) décéda après 1688.
Le 7 juin 1695, Pierre (III) Ballicorne épousa à Saint-Pierre-du-Bosguérard Catherine Brouard, ils eurent 13 enfants, tous baptisés à Saint-Pierre-du-Bosguérard.
Le 15 juillet 1697, Pierre (III) Ballicorne est fermier et receveur de la baronnie du Hauzey, mais le 26 juillet 1697, les religieux du Bec décidèrent de se substituer à leur receveur, Pierre (III) Ballicorne, pour assurer directement leur droit dans le procès les opposant aux habitants de la paroisse.

En 1720 et 1721, Pierre (III) était assesseur et collecteur de la taille et de la capitation à Saint-Pierre-du-Boscguérard.

En 1725 ou 1726, Pierre (III) Ballicorne devient propriétaire d’une cour-masure et de diverses pièces de terre au triage des Hautes-Terres.

Cadastre  de 1828, plan de Hautes-Terres AD 27,  cote 3PL1034 bis.

Cadastre de 1828, plan de Hautes-Terres
AD 27, cote 3PL1034 bis.

En 1726, Pierre (III) Ballicorne possède divers bois à Saint-Pierre-du-Bosguérard, dont il vend les coupes. Il les fit replanter en 1729.

Le 9 septembre 1731, Pierre (III) Ballicorne meurt et est enterré dans l’église de Saint-Pierre devant l’autel de la Vierge.

Le 6 mars 1738, son épouse Catherine Brouard décède.

Le 3 août 1702, naissance de leur fils François. Il épousa (date inconnue) Catherine Cornu, qui décédera à Saint-Pierre-du-Bosguérard le 9 juillet 1724, ils n’eurent aucun enfant.

Le 25 mai 1728, à Tourville-la-Campagne, second mariage de François Ballicorne avec Marie Françoise Osmond.
Ils eurent sept enfants, tous nés à Saint-Pierre-du-Bosguérard, dont Pierre Jacques Salomon.

A l’époque de son mariage, il cultivait les terres de son père en propriété et celles tenues en location de monsieur Scott, baron de la Mesangère, au Fys.

En 1731, François Ballicorne fait effectuer d’importants travaux dans les bâtiments de la cour-masure qu’il possède au triage des Hautes-Terres.

En 1732, François Ballicorne fait procéder à l’arpentage de deux pièces de terre qu’il possède à Bosnormand et à Saint-Pierre-du-Bosguérard au triage du Bourgneuf.

En 1735, François Ballicorne fait construire un polhuit à côté de la porte cochère de la cour-masure du Fys.

Le 9 octobre 1735, François Ballicorne, était syndic de la paroisse.

Le 19 juin 1737, naissance à Saint-Pierre-du-Bosguerard de Pierre Jacques Salomon, fils de François Ballicorne et de Marie Françoise Osmont.

En 1737, François Ballicorne s’occupe de travaux à effectuer en l’église de Saint-Pierre-du-Bosguérard.

En 1748, François Ballicorne, syndic de la paroisse, était responsable de collecter les 27 livres tournois pour l’entretien d’un milicien.

Le 2 novembre 1749, François Ballicorne décède, il sera inhumé à Saint-Pierre-du-Bosguérard.

Le 22 juin 1785, sa veuve Marie Françoise (née Osmont) décède à l’âge de 85 ans.

En 1752, Pierre Jacques Salomon Ballicorne reprit l’exploitation de la ferme du Fys, qui devait devenir plus tard le domaine du Fitz, il exploitait également la ferme des Hautes-Terres.
Comme son père, Pierre Jacques Salomon fut syndic de la paroisse et soutint les intérêts des habitants de Saint-Pierre contre l’abbaye du Bec.

Le 14 juin 1756, à Saint-Eloi-de-Fourques dans l’Eure, Pierre Jacques Salomon épouse Marie-France Lambert ; ils eurent 3 fils : Martin, Pierre François Salomon et Jean-Baptiste Constant Victor.

Vers 1771, Pierre Jacques Salomon Ballicorne acquiert de monsieur de la Mesangère la grande cour-masure du Fys, qu’il tenait en location.
Il y entreprend de nombreux travaux qui dureront jusqu’à la Révolution.

Fitz, le  manoir du Fitz.

Fitz, le manoir du Fitz.

Cadastre  de 1828, plan de la cour-masure et du  froc du Fits. AD 27  cote 3PL1034 bis.

Cadastre de 1828, plan de la cour-masure et du froc du Fits.
AD 27 cote 3PL1034 bis.

Le 10 octobre 1789, Pierre Jacques Salomon Ballicorne est agent national de la commune de Saint-Pierre-du-Bosguérard et député du tiers état à l’assemblée du département qui se tînt à Pont-Audemer.

Carte du département de l'Eure XIX ème siècle. AD27 cote 1 PL29

Carte du département de l’Eure XIX ème siècle.
AD27 cote 1 PL29

Le 28 avril 1790, monsieur Pierre Jacques Salomon Ballicorne, en tant que maire de la municipalité de Saint-Pierre-du-Bosguérard, signe le registre d’imposition ordinaire.

 
Le 11 juin 1759, naissance à Saint-Pierre-du-Boscguérard de Pierre François Salomon Ballicorne (fils de Pierre Jacques Salomon et de Marie-France Lambert).

Le 11 décembre 1764, son père souhaitant que son fils Pierre François Salomon reçoive une bonne éducation, paie 180 livres pour sa pension chez maître Girard, chanoine de Bourgtheroulde.

Le 3 octobre 1772, Pierre François Salomon entra au collège d’Évreux.
Il est mentionné que Pierre Jacques Salomon Ballicorne paya la presque totalité de la pension de son fils en fourniture de cidre.

En septembre 1779, Pierre François Salomon termine ses études au collège d’Évreux et en 1785, il est avocat au parlement de Rouen.

Il est le premier Ballicorne qui ne sera pas laboureur et qui ne demeurera pas à Saint-Pierre-du-Bosguérard.

Le 6 novembre 1787, dans l’église Saint-Pierre-du-Châtel à Rouen, Pierre François Salomon Ballicorne épouse Rosalie Vincent.

A l’époque de son mariage, Pierre François Salomon Ballicorne est écuyer, conseiller du roi, général provincial des monnaies du département à Rouen.
Ils eurent deux filles Françoise Rosalie et Clarisse.

Le 22 juin 1809, Pierre Thomas Lemercier louait à l’oncle de son épouse, Pierre François Salomon Ballicorne, les terres et la ferme du Fys (c’est vers cette époque que l’orthographe Fitz apparait).

Cadastre  de 1828, plan de la cour-masure et du  froc du Fits. AD 27  cote 3PL1034 bis.

Cadastre de 1828, plan de la cour-masure et du froc du Fits.
AD 27 cote 3PL1034 bis.

Pierre Thomas, le 22 janvier de cette année, avait épousé Marie Lecat (née à Saint-Denis-des-Monts le 14 juin 1778).

Marie Lecat était la fille de Jean-Baptiste Lecat et de Marguerite Françoise Ballicorne, cousine germaine de Pierre François Salomon Ballicorne.

En 1810, Pierre François Salomon était négociant à Rouen, où il demeurait 23, rue aux Ours. En 1834 et 1836, il est rentier et  demeure 11, rue Morand à Rouen.

Le 27 juin 1839, Pierre François Salomon Ballicorne meurt à Ymare, canton de Boos, Seine-Maritime.

Le 4 juin 1806, à Rouen, sa fille Françoise Rosalie Ballicorne épouse Étienne Louis Lemarchant. Ils eurent 2 fils, Étienne Gustave et Michel Louis.

Au décès de son père, le 27 juin 1839, Françoise Rosalie Ballicorne hérite du manoir et des terres du Fitz.

Le 25 mars 1807 à Rouen, naissance d’Étienne Gustave, fils de Françoise Rosalie Ballicorne et d’Étienne Louis Lemarchant.

Le 16 décembre 1834 à Rouen, Étienne Gustave Lemarchant épouse Louise Adèle Prével.

Étienne Gustave, comme son père, était avocat à la cour d’appel de Rouen.

Les fermiers exploitant le domaine du Fitz étaient, jusqu’en 1854, monsieur et madame Lemercier.

Le 14 janvier 1869, Étienne Gustave Lemarchand vend le domaine du Fitz à monsieur François Isidore Debroche, propriétaire à Elbeuf.

Le domaine comprenait 60 hectares 46 ares de terre labourable et 60 hectares 78 ares de bois.

En 1875, au décès de monsieur Debroche, sa fille Lucie Jeanne, mariée à monsieur Émile Lesage, avocat a la cour d’appel de Rouen et maire de La-Haye-du-Theil, hérite de son père des terres du Fitz.

En 1884, suite au décès de monsieur Émile Lesage, les terres du Fitz sont vendues à monsieur Charles Maximilien Duval, puis en 1908 à la famille Masure.

Le 17 mai 1921, maître Ozanne, notaire, vend par adjudication le domaine du Fitz.

En 1922, le domaine du Fitz est la propriété de monsieur Louis Léon Toustain. La surface totale du domaine est de 108 hectares 48 ares.